Hôpitaux
pédiatriques
Jean-François Bussières
Pour le rapport 2001 2002, nous avons procédé à
une analyse distincte des données relatives aux hôpitaux
pédiatriques, puisqu’on sait généralement
que ce groupe est différent pour ce qui est du coût
et de la distribution des médicaments et des ressources
humaines. Le tableau I 1 présente un jeu de grands indicateurs
qui comparent les données des établissements pédiatriques
(n = 7) à celles de tous les établissements répondants
(n = 123). Les hôpitaux pédiatriques visés
par cette analyse ont tous répondu au sondage principal
en tant qu’établissements autonomes.
En moyenne,
le nombre déclaré de lits en 2001 2002 était
seulement un peu moins élevé dans les hôpitaux
pédiatriques que dans l’ensemble des établissements,
mais la différence était plus marquée pour
les hospitalisations de courte durée (5,6 jours de séjour
moyen dans les établissements pédiatriques contre
7,1 jours dans l’ensemble des établissements). Ce
nombre moindre de jours d’hospitalisation de courte durée
se traduit par un coût supérieur des médicaments
par jour-patient dans le cas des établissements pédiatriques
(48 $ contre 31 $). On constate cependant un même coût
des médicaments par hospitalisation de courte durée
dans les deux groupes (environ 220 $ par hospitalisation). La
situation est différente pour les hospitalisations de longue
durée. Dans ce cas, on notera avec intérêt
que, si le coût moyen des médicaments par jour-patient
hospitalisé est moins élevé dans les établissements
pédiatriques que dans l’ensemble des établissements,
le coût des médicaments par hospitalisation est supérieur
dans les premiers. La proportion des dépenses en médicaments
par secteur de soins aux patients est par ailleurs plus élevée
pour les programmes ambulatoires (médicaments à
emporter) dans les établissements pédiatriques (23,8
%) que dans l’ensemble des établissements (8,4 %).
Cela a peut-être à voir avec les coûteux programmes
de médicaments aux orphelins qui sont destinés à
une petite cohorte de patients en pédiatrie.
Les établissements
pédiatriques ont déclaré plus de ressources
humaines en moyenne, ce qui tient probablement à des facteurs
comme des heures de pharmacie plus longues (105 heures par semaine
en moyenne dans les établissements pédiatriques
et 82 dans l’ensemble des établissements), à
une production supérieure d’additifs pour solutés
(1,84 additif par jour-patient en hospitalisation de courte durée
dans les établissements pédiatriques et 1,19 dans
l’ensemble des établissements) et une proportion
plus élevée de systèmes de distribution de
doses unitaires (55 % dans les premiers et 45 % dans l’ensemble).
Ces services alourdissent la charge de travail en pharmacie au
profit des soins infirmiers. La différence de dotation
entre les hôpitaux pédiatriques et les hôpitaux
pour adultes pourrait aussi s’expliquer en partie par la
nécessité d’individualiser les doses en fonction
de la surface ou du poids corporel et donc de disposer de plus
de temps tant pour préparer les médicaments à
distribuer que pour faire vérifier les ordonnances des
médecins par les pharmaciens cliniciens.
Disons enfin
que les interventions en pharmacie clinique sont plus nombreuses
ou aussi nombreuses dans les établissements pédiatriques
que dans les hôpitaux pour adultes. En moyenne, le nombre
déclaré d’interventions par pharmacien était
moins élevé dans les premiers que dans les seconds
(446 contre 568), mais il était plus élevé
par hospitalisation (0,7 contre 0,6).
On a demandé
à des établissements choisis de remplir le volet
du questionnaire sur les données de référence
et quatre hôpitaux pédiatriques ont aussi répondu
à ces questions; trois d’entre eux font partie des
sept établissements pédiatriques dont nous venons
de parler et le quatrième est un service pédiatrique
exploité dans un grand département de pharmacie
d’un organisme à emplacements multiples (OSEM). Pour
un complément d’information et d’analyse sur
les données de référence des établissements
pédiatriques, prière de se reporter à la
section « Élaboration d’indicateurs repères
pour les coûts des effectifs de pharmacie et des médicaments
selon les programmes-clientèles ».