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Distribution de médicaments – patients hospitalisés
Steve Long

Systèmes de distribution de médicaments par voie orale

Depuis notre dernier rapport annuel, les modes de distribution de médicaments n’ont guère changé dans les hôpitaux canadiens. Ainsi que l’indique le tableau D 1, 54 % des établissements déclarants ont dit qu’un système unique de distribution y desservait 90 % des lits et plus. Un système de distribution de doses unitaires visait un certain nombre de lits dans 54 % des hôpitaux déclarants et 90 % et plus dans 24 %. Dans le cas des systèmes traditionnels, les pourcentages correspondants étaient de 68 % et 27 %. Dans une proportion de 23 %, les établissements ont déclaré un système d’approvisionnement complet des unités de soins en médicaments de réserve qui desservait une partie des lits. Aucun établissement n’avait un tel système pour 90 % et plus de ses lits. Enfin, 36 hôpitaux (29 %) et 1 établissement seulement ont dit respectivement disposer de systèmes à cartes alvéolées pour une partie et pour 90 % et plus de leurs lits. La figure D-1 présente la proportion de lits desservis par mode de distribution de médicaments.

On recourt presque deux fois plus à une distribution automatisée de doses unitaires depuis notre dernier rapport; 22 établissements (18 %) ont déclaré se servir d’un tel système comparativement à 12 (10 %) en 1999 2000. Il y avait distribution automatisée à une partie des lits dans 18 établissements et à 90 % et plus dans 4. Cinq établissements n’ont pas précisé le pourcentage des lits visés par ce système. Il existait enfin une distribution automatisée de doses unitaires aux blocs opératoires dans 7 établissements et à d’autres secteurs dans 17.

Dans le rapport définitif du Comité directeur national sur la sécurité des patients ayant pour titre « Accroître la sécurité du système – Une stratégie intégrée pour améliorer la sécurité des patients dans le système de santé canadien », une des grandes recommandations présentées est d’apporter au système des modifications dont on a démontré les effets de sécurisation des patients1. Un exemple cité est celui de l’adoption d’un système de distribution de doses unitaires. Que l’on ait doublé le recours à une distribution automatisée de doses unitaires est un pas dans la bonne direction. Les réponses à notre sondage indiquent toutefois que les systèmes traditionnels de distribution demeurent les plus répandus dans les hôpitaux canadiens. Avec la nouvelle insistance sur la sécurité des patients, les possibilités de coordination des services entre établissements régionaux multiples et le progrès technique, on peut espérer que les pharmaciens prendront l’initiative de faire en sorte que des systèmes de distribution plus sûrs soient implantés dans les établissements hospitaliers au pays.

Entrée des ordonnances

On semble se doter de stratégies pour rapprocher le personnel de pharmacie des patients et des autres membres de l’équipe de soins. On a déclaré que cette entrée se faisait dans des pharmacies satellites dans 38 % des établissements (tableau D 2) comparativement à 30 % dans le rapport annuel 1999 2000 ou encore aux postes infirmiers ou dans les secteurs de soins aux patients dans 43 % des établissements comparativement à 35 % dans ce même rapport annuel. On entrait davantage les ordonnances en pharmacie satellite dans les hôpitaux d’enseignement et en secteur de soins aux patients dans les hôpitaux sans vocation universitaire. La pharmacie centrale demeurait le lieu privilégié d’inscription des ordonnances; c’est ce qu’ont déclaré 95 % des hôpitaux.

Le personnel de pharmacie entrait les ordonnances en majeure partie. Il n’y a que 3, 4 et 3 établissements respectivement qui aient dit que le personnel infirmier, le personnel médical et d’autres se chargeaient de l’inscription des ordonnances. Les pharmaciens ne vérifiaient pas les ordonnances entrées par les médecins. Toutefois, 2 hôpitaux sur 3 ont indiqué que les ordonnances établies par le personnel infirmier ou d’autres groupes étaient vérifiées par un pharmacien.

Dans 73 % des hôpitaux répondants, les techniciens de pharmacie entraient les ordonnances. Cette proportion est un peu inférieure aux 77 % déclarés dans le sondage de 1999 2000. La proportion d’établissements où les techniciens entraient les ordonnances a un peu monté (passant de 69 % à 75 %) dans le cas des hôpitaux non universitaires, alors qu’elle décroissait de 85 % à 73 % dans celui des hôpitaux universitaires. Cette évolution est peut-être liée au plus grand recours évoqué aux pharmacies satellites et aux unités de soins pour l’entrée des ordonnances.

Dans 77 % des établissements qui déclaraient que des techniciens entraient les ordonnances, celles ci étaient vérifiées par des pharmaciens. La proportion correspondante était de 85 % dans le rapport annuel 1999 2000. C’est un pourcentage qui évolue en baisse dans l’ensemble des hôpitaux, universitaires ou non. L’explication en est peut-être une évolution des méthodes où on sépare l’évaluation clinique que fait le pharmacien des ordonnances, d’une part, et les fonctions assumées par des commis ou des techniciens d’entrée des ordonnances et de préparation et de conditionnement des médicaments destinés aux unités de soins, d’autre part. Il y a d’autant plus de séparation que les pharmaciens ont une présence plus active dans les unités de soins et les pharmacies satellites et qu’ils peuvent s’appuyer sur des systèmes d’information permettant un examen permanent des ordonnances. Le tableau D 3 indique la nature des ordonnances entrées par des techniciens et le pourcentage d’établissements déclarant une vérification de ces ordonnances par des pharmaciens. Selon les déclarations, ce que le pharmaciens vérifiaient le moins souvent, c’étaient les ordonnances d’approvisionnement des unités de soins en médicaments de réserve (51 %) et les renouvellements d’ordonnances courantes (61 %). Plus de 85 % des établissements ont dit qu’un pharmacien vérifiait les nouvelles ordonnances en consultation externe et les ordonnances de chimiothérapie, d’APT et d’additifs pour solutés qu’établissaient des techniciens.

Services de distribution d’additifs pour solutés

On constate que, d’une part, la distribution de médicaments par voie orale a peu évolué et que, d’autre part, la prestation en pharmacie de services de distribution d’additifs pour solutés est en progression (tableau D 4). On a signalé l’existence d’un tel service dans 81 % des hôpitaux répondants comparativement à 75 % dans le rapport annuel de 1999 2000 (figure D 3). Le service était destiné à 90 % et plus des lits dans la moitié des hôpitaux déclarants et dans 69 % des hôpitaux à vocation universitaire. La proportion de patients ou de secteurs de soins recevant ce service dans les établissements où celui ci était partiellement implanté a monté de 28 % à 38 % depuis le dernier rapport et approchait de 50 % dans les hôpitaux d’enseignement.

La production totale d’additifs pour solutés a augmenté à 103 182 doses. La moyenne signalée de doses préparées à l’intention des patients hospitalisés s’établissait à 83 599. En consultation externe, la moyenne était de 6 396 doses pour 13 établissements ayant déclaré des services de distribution d’additifs pour solutés aux patients externes. Le nombre moyen de doses déclarées pour les patients à domicile était de 6 345 (15 établissements répondants). Il y a aussi eu augmentation de la production d’additifs par jour-patient en soins de courte durée. Ce calcul est fondé sur les réponses des hôpitaux où ce service était destiné aux secteurs des soins aux patients dans une proportion de 90 % et plus. En moyenne, on préparait 1,19 additif par jour-patient contre 1,09 seulement au rapport précédent. Dans les hôpitaux sans vocation universitaire, la moyenne a monté de 0,81 à 1 additif par jour-patient.

Les établissements ont indiqué dans des proportions respectives de 54 % (66/123), 33 % (40/123), 9 % (11/123) et 2 % (2/123) que les minisacs, les perfuseurs à seringue, la burette ou le buretrol et d’autres moyens constituaient le principal mode d’administration de médicaments par voie intraveineuse. Pour les divers modes d’administration de ces médicaments, les proportions sont les mêmes que dans les rapports antérieurs.

Chimiothérapie

La production de « chimiothérapiques » n’a pas été déclarée dans le rapport annuel 1999 2000. On continue à produire des oncolytiques en pharmacie. Il y avait 108 hôpitaux qui assuraient des services de chimiothérapie (88 % des établissements répondants) et le personnel de pharmacie préparait les doses dans 97 % (105/108) d’entre eux. Le nombre moyen déclaré d’additifs de chimiothérapie était de 8 872 (tableau D 5). Les moyennes de doses destinées en chimiothérapie aux patients hospitalisés, aux patients externes et aux patients à domicile étaient respectivement de 2 929, 8 231 et 402. Six établissements fournissaient des services à domicile, 5 au Québec et 1 au Nouveau-Brunswick.

Alimentation parentérale totale (APT)

Le rapport annuel 1999 2000 ne faisait pas état non plus de la production de mélanges APT. Les établissements indiquent cette année que la situation n’a guère changé. Selon leurs déclarations, on ferait des préparations APT dans 92 % (113/123) des hôpitaux déclarants. Dans 92 % (104/113) d’entre eux, cette production aurait lieu en pharmacie. Le nombre moyen déclaré de sacs préparés tous les ans était de 4 788 (tableau D 6). Les moyennes déclarées étaient respectivement de 3 523 et 3 447 pour les patients hospitalisés et externes. Dans certains établissements, il y a des quantités préparées de 1 litre et, dans d’autres, il y a perfusion du contenu d’un seul sac pour les besoins nutritionnels quotidiens du patient. Dans le sondage, on n’a pas différencié les modes de pratique adoptés par les établissements répondants. C’est pourquoi les valeurs présentées doivent être interprétées avec prudence au moment d’établir des prévisions pour l’établissement.

Vérification entre techniciens

Il est de plus en plus courant (figure D2) qu’on demande aux techniciens de vérifier ce que d’autres techniciens préparent comme médicaments. Les techniciens ont fait la preuve qu’ils pouvaient veiller à ce que les médicaments soient soigneusement préparés et distribués. Cette constatation et la difficulté que l’on éprouve sans cesse à recruter des pharmaciens font que l’on compte davantage sur les techniciens. Plus de 40 % des établissements ont déclaré que leurs techniciens vérifiaient le conditionnement par doses unitaires (46 %), la préparation de plateaux pour les cas d’arrêt cardiaque (45 %) et la production d’additifs pour solutés par lots (41 %).

Les établissements répondants ont indiqué s’être dotés de programmes de certification visant à garantir la précision des vérifications effectuées par les techniciens et à aider ces derniers à exercer une telle fonction. Le tableau D 7 décrit les services assurés par les techniciens et le pourcentage d’établissements qui déclarent des systèmes d’intervérification par les techniciens et des programmes de certification de cette fonction de vérification. Il existait des programmes de certification de la vérification par les techniciens de la préparation d’additifs pour solutés (par lots) et du conditionnement par doses unitaires dans des proportions respectives de 28 % et 29 % des établissements répondants.

Bibliographie

1. Wade, J., président, Comité directeur national sur la sécurité des patients. Accroître la sécurité du système – Une stratégie intégrée pour améliorer la sécurité des patients dans le système de santé canadien. Septembre 2002. ISBN 0 9692155 3-3.