Élaboration
d’indicateurs repères pour les coûts des effectifs
de pharmacie et des médicaments selon les programmes-clientèles
Kevin W. Hall
Introduction
Depuis plus de 15 ans, le Sondage sur les pharmacies
hospitalières canadiennes livre des données qui
aident les gestionnaires en pharmacie à répondre
plus intelligemment aux questions posées au sujet des coûts
des effectifs de pharmacie et des médicaments. Au fil des
ans, on a accru l’utilité de cette information en
créant des sous-ensembles de données où les
établissements hospitaliers étaient regroupés
selon la taille, la vocation universitaire et la nature du système
en place de distribution de médicaments. L’intérêt
des données à des fins de comparaison d’établissements
demeurait toutefois limité par le fait que les données
relatives aux hôpitaux de ces sous-ensembles étaient
combinées sans égard au dosage de services aux patients,
ni aux types de services pharmaceutiques. C’est ainsi que
se retrouvaient tous dans un même fonds d’information
des groupes d’établissements divers comme les hôpitaux
donnant principalement des soins de courte durée, les établissements
assurant des services de longue durée dans une mesure appréciable,
les établissements pédiatriques et les hôpitaux
psychiatriques. De même, on sommait tous les chiffres relatifs
à un même établissement, bien que sachant
que, dans une foule d’établissements et plus particulièrement
dans les grands, les programmes variaient selon les catégories
de patients.
Dans les deux derniers rapports annuels du Sondage
sur les pharmacies hospitalières canadiennes, nous avons
présenté les résultats d’un nouvel
exercice d’élaboration d’indicateurs repères
pour les services de pharmacie au pays. Dans cette nouvelle section
d’analyse comparative, nous avons tenté de constater
les coûts d’effectifs et de médicaments qu’entraînait
pour les pharmacies hospitalières la prestation de services
dans le cadre de programmes particuliers en hospitalisation et
en consultation externe comme les soins intensifs, les soins pédiatriques,
les services de délivrance d’ordonnances aux patients
externes et les services de santé mentale. On a aussi voulu
prendre en compte les ressources affectées aux programmes
de soins indirects aux patients que réalisent un certain
nombre – mais non la totalité – des pharmacies
hospitalières, qu’il s’agisse de centres régionaux
d’information pharmacothérapeutique ou de services
de médicaments en expérimentation.
Une importante prémisse de cet exercice
d’élaboration d’indicateurs repères
est que les comparaisons interhospitalières devraient être
relativement homogènes si elles portent, par exemple, sur
les ressources en pharmacie nécessaires aux soins à
un même groupe de patients ou à la prestation d’un
même service pharmaceutique. Le postulat fondamental est
qu’on respecte une même norme de soins dans les établissements
ainsi comparés. C’est une hypothèse qui ne
se vérifie sans doute pas toujours. Il reste que les gestionnaires
en pharmacie ont fait valoir que seules la décomposition
de leurs départements en leurs éléments constitutifs
et la constatation des ressources affectées à chacun
de ces éléments permettent d’obtenir des données
plus fines et plus utiles sur lesquelles puissent s’appuyer
les comparaisons interhospitalières d’utilisation
de ressources. Il serait idéal pour l’avenir que
l’on puisse combiner cette analyse comparative selon les
programmes à des mesures convenues de résultats
de manière à pouvoir juger tant de la qualité
des soins que de l’efficience de la prestation de services.
Bien que la justification des ressources affectées
aux services pharmaceutiques soit déjà un important
motif pour élaborer de meilleurs indicateurs repères,
ce n’est pas là la seule utilité des données
selon les programmes. On pourrait bien plus facilement planifier
la création ou l’élargissement de services
aux patients si on savait déjà un peu quels coûts
d’effectifs et/ou de médicaments doivent supporter
d’autres établissements pour les mêmes services
aux mêmes groupes de patients ou encore pour l’exploitation
du même type de programmes de pharmacie. De même,
si on considère tous les regroupements, transferts et compressions
de programmes qu’a amenés la régionalisation
du système de santé, il importe de disposer de données
par lesquelles établir les quantités de ressources
à réaffecter entre « emplacements ».
En se reportant uniquement à une moyenne générale
de coût d’effectifs (heures rémunérées
par jour-patient, par exemple) ou de médicaments (coût
des médicaments par jour-patient, par exemple), on se trouvera
à sous-estimer les ressources qui vont à des programmes
pharmaceutiques à forte consommation de ressources (oncologie,
soins intensifs, soins pédiatriques, etc.). En revanche,
il y aura surestimation dans le cas de programmes nécessitant
moins de ressources (soins de longue durée, services de
santé mentale, etc.). On a ainsi pensé que, en disposant
de données sur les ressources pharmaceutiques qu’exige
la prestation de services à des groupes déterminés
de patients, on pourrait mettre un important outil de planification
à la disposition des gestionnaires en pharmacie.
La nouvelle analyse comparative selon les programmes
qui a été effectuée aux fins des deux derniers
sondages sur les pharmacies hospitalières canadiennes a
permis de dégager de nouveaux sous-ensembles de données
selon les programmes. Les résultats démontrent que,
à cause de cette méthodologie par programme, la
variabilité de l’utilisation des ressources de pharmacie
était moindre, aussi avons-nous décidé de
conserver ce cadre d’analyse dans le rapport 2001 2002.
Méthodes
Le volet des données de référence
du questionnaire comprend cinq parties. À la partie I,
on demande aux établissements sondés de déclarer
toutes les ressources humaines pour l’ensemble des activités
en pharmacie, les coûts de médicaments en hospitalisation
et en consultation externe, les lits et les jours-patients en
fonction de la nature du système en place de distribution
de médicaments. À la partie II, ils sont priés
de fournir des renseignements analogues, mais pour des sous-groupes
de patients hospitalisés (soins intensifs, greffes de moelle
osseuse, soins de longue durée, etc.). Dans les consignes
de cette partie, on précise que les ressources humaines
doivent faire l’objet d’une déclaration distincte
pour les divers programmes destinés aux patients hospitalisés.
À la partie III, on demande de fournir des données
sur les divers programmes de pharmacie en consultation externe,
qu’il s’agisse de délivrance d’ordonnances
ou d’alimentation parentérale à domicile.
À la partie IV, on veut se renseigner sur les services
pharmaceutiques propres aux différents établissements
: services régionaux d’information pharmacothérapeutique,
services de médicaments en expérimentation, services
confiés à contrat à des organismes extérieurs,
etc. La partie V porte sur le reste des groupes de patients en
hospitalisation de courte durée (médecine familiale,
médecine interne, chirurgie générale, etc.).
Si les gens répondaient correctement au questionnaire,
les valeurs relatives au nombre de lits et de jours-patients en
hospitalisation et aux coûts d’effectifs de pharmacie
et de médicaments à la partie V correspondraient
aux valeurs de la partie I, moins celles des parties II à
IV.
Le Comité consultatif de rédaction
du questionnaire convenait que les établissements sondés
passeraient beaucoup de temps à répondre aux questions
et que l’analyse des réponses serait longue et ardue
pour ses membres. Voilà pourquoi il a décidé
de limiter la distribution du questionnaire aux hôpitaux
les plus susceptibles de tirer parti de ce genre d’analyse
selon les programmes. Plus précisément, les établissements
retenus pour le volet des données de référence
du questionnaire étaient ceux qui, d’après
la base de données du Comité sur les hôpitaux
canadiens, comptaient plus de 300 lits en soins de courte durée
ou qui étaient à vocation pédiatrique. On
jugeait que des établissements de cette taille avaient
plus de chances d’exploiter une diversité de programmes
qu’on pourrait évaluer selon leurs modes propres
d’utilisation de ressources. Si on a choisi les hôpitaux
pédiatriques pour cette partie du sondage, c’est
que les deux derniers sondages d’analyse comparative ont
montré que la prestation de services pharmaceutiques en
pédiatrie exigeait bien plus de ressources humaines que
la prestation de services semblables dans le cadre des soins aux
adultes. On prévoyait également que les hôpitaux
pédiatriques spécialisés présenteraient
un profil d’exploitation de ressources très différent
de celui de petits services pédiatriques dans des établissements
surtout destinés aux adultes.
Dans le sondage 2001 2002, la section des données
de référence a été communiquée
à 60 hôpitaux pour adultes comptant plus de 300 lits,
ainsi qu’à 6 hôpitaux pédiatriques.
Toutes les provinces du pays étaient représentées
sauf l’Île-du-Prince-Édouard, province où
il n’y avait pas d’hôpitaux répondant
aux critères de distribution de ce volet du questionnaire.
L’auteur de la section des données
de référence a examiné individuellement les
réponses aux questions d’analyse comparative. Il
a directement pris contact avec un grand nombre de répondants
pour obtenir des éclaircissements en cas de divergence
des données. En s’appuyant sur les données
ainsi recueillies, il a établi pour chaque programme des
indicateurs comme le nombre d’heures rémunérées
et le coût des médicaments par jour-patient. Dans
la mesure du possible, il s’est efforcé de ménager
une uniformité des données fournies par les établissements
selon les programmes. Ainsi, dans quelques établissements,
on a opéré une ventilation plus fine des programmes
que dans la majorité des hôpitaux. Dans ce cas, les
données relatives à un certain nombre de programmes
ont été regroupées pour que le découpage
en programmes soit semblable à celui des autres établissements.
À titre d’exemple, on peut mentionner la réunion
des données distinctes sur la médecine et la chirurgie
générales, la plupart des établissements
n’ayant pu effectuer une telle ventilation.
Les indicateurs selon les programmes ont alors
été soumis à des calculs de moyennes, de
médianes, d’écarts-types et de valeurs minimales
et maximales. On a créé un chiffrier pour le calcul
à l’échelle du réseau hospitalier et
au niveau des groupes secondaires d’hôpitaux selon
la taille et la nature des systèmes en place de distribution
de médicaments.
Résultats
et discussion
Trente hôpitaux locaux ou régionaux
ont rempli la section sur les données de référence.
Le taux de réponse s’est établi à 45
%. On a écarté deux des réponses de l’analyse,
parce que leurs données étaient insuffisantes pour
le calcul des indicateurs (1 établissement) ou que l’établissement
se situait bien au dessous du seuil des 300 lits en soins de courte
durée (1 établissement). Sur les 28 réponses
restantes, 15, 9 et 4 venaient respectivement d’hôpitaux
pour adultes de plus de 500 lits et de 300 à 500 lits (en
soins de courte durée) et d’hôpitaux pédiatriques.
Chaque province y était représentée sauf
l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve.
L’exhaustivité des données
communiquées variait selon les hôpitaux. On a intégré
à l’analyse chaque élément d’information
exploitable, que le répondant ait fourni ou non toutes
les données sollicitées. Pour une foule d’indicateurs
calculés, le nombre d’hôpitaux déclarants
était suffisamment élevé pour que les données
soient des plus significatives. Pour les autres, il restait plutôt
petit, aussi doit-on en interpréter et en utiliser les
données avec la prudence qui s’impose.
Hôpitaux
pour adultes
Le tableau H 1 livre les résultats de l’analyse
des données sur les coûts d’effectifs et de
médicaments des 24 hôpitaux pour adultes avant et
après retranchement des ressources affectées aux
programmes spéciaux. Les chiffres « avant ajustement
» décrivent toutes les données de pharmacie
de la partie I du sondage et les chiffres « après
ajustement » sont principalement représentatifs des
programmes de médecine et de chirurgie générales
en hospitalisation qui restaient à la partie 5. Les autres
données de pharmacie qui seraient « récapitulées
» dans cette partie « après ajustement »
viseraient les ressources humaines affectées à des
fonctions de base d’un service de pharmacie comme celles
des achats, de la gestion des stocks, de la distribution de médicaments
de réserve aux unités de soins, de travail de bureau
et de direction de département. Nous jugeons que les chiffres
« après ajustement » décrivent un groupe
plutôt homogène de services pharmaceutiques d’après
l’hypothèse selon laquelle les répondants
auront indiqué aux parties II à IV les programmes
de pharmacie à forte et à faible consommation de
ressources. Ce regroupement de programmes rappellerait directement
les services d’un hôpital communautaire de soins de
courte durée où les services se limitent largement
à la médecine et à la chirurgie générales.
Les groupes de patients exigeant des services pharmaceutiques
spécialisés et ceux qui n’en ont guère
besoin ne font plus partie de la population de patients visée
par l’analyse comparative.
Les données sont présentées
pour l’ensemble des 24 hôpitaux pour adultes et séparément
pour les établissements comptant respectivement plus de
500 lits et de 300 à 500. Les données après
ajustement sont bien moins variables que les données avant
ajustement. La variabilité est encore moindre si on se
reporte à la taille des établissements et à
la nature de leurs systèmes de distribution de médicaments
pour constituer des catégories secondaires. Il convient
de noter que l’exercice d’analyse comparative rapprochait
habituellement de la moyenne les valeurs tant minimales que maximales.
On constatait ordinairement que les hôpitaux qui déclaraient
des coûts très bas d’effectifs et de médicaments
à la partie I exploitaient des programmes de services aux
patients (hospitalisation de longue durée, etc.) où
on consommait moins de ressources que la moyenne. Si on retranchait
ces programmes à faible consommation de ressources, le
nombre d’heures rémunérées et le coût
des médicaments par jour-patient augmentaient pour le reste
des lits. À l’autre extrême, on voyait le plus
souvent que les hôpitaux qui déclaraient des valeurs
très élevées d’heures rémunérées
ou de coût de médicaments par jour-patient exploitaient
un certain nombre de programmes spécialisés de pharmacie
à forte consommation de ressources. Dans ce cas, si on
retranchait ces programmes voraces en ressources, les valeurs
d’heures rémunérées et de coût
de médicaments par jour-patient diminuaient pour le reste
des lits.
On peut démontrer cette baisse de variabilité
en examinant les données sur les heures rémunérées
par jour-patient. Les données d’ensemble indiquent
que, dans les 24 établissements en cause, les heures variaient
du simple au quintuple, soit de 0,24 à 1,31. En ventilant
les établissements selon leur taille et la nature du système
de distribution de médicaments – aspect déclaré
dans le cadre du sondage depuis plusieurs années déjà
–, on se trouve à réduire cette variabilité.
Ainsi, l’intervalle de variation pour les hôpitaux
de plus de 500 lits utilisant un système de distribution
doses unitaires-additifs pour solutés va de 0,46 à
1,31 heure rémunérée par jour-patient; les
données varient donc du simple au triple. Après
correction d’analyse comparative, il s’étend
seulement de 0,51 à 0,96 heure rémunérée
par jour-patient, variation du simple au double.
Le gestionnaire en pharmacie à qui on demanderait
d’expliquer que son département semble posséder
plus de ressources humaines que ceux d’hôpitaux comparables
pourrait se reporter aux données de référence
du tableau H 1 pour vérifier si cette hypothèse
est fondée. Il pourrait retrancher les ressources des programmes
à forte consommation et comparer les chiffres « après
ajustement » de son hôpital à ceux du groupe
d’hôpitaux le plus « ressemblant » à
ce tableau pour ce qui est de la taille et de la nature du système
de distribution. Il pourrait ainsi fort bien faire la preuve que
la dotation de son département de pharmacie convient tout
à fait si on la compare à celle d’autres établissements
à l’aide des données de référence
selon les programmes.
Le tableau H 1 indique aussi les coûts de
médicaments par jour-patient avant et après ajustement.
Il est sûr que cet indicateur varie amplement lorsqu’il
repose sur les coûts d’ensemble. Même après
correction en fonction de la taille et de la nature du système
de distribution, on se retrouve avec un grand intervalle de variation.
Il reste que la moyenne après ajustement du coût
des médicaments par jour-patient est plus homogène,
et ce, sans égard à la taille des établissements
ni à la nature du système de distribution en place.
Il convient également de noter que les valeurs après
ajustement s’établissent en moyenne à la moitié
environ seulement des valeurs avant ajustement, ce qui indique
que les programmes spécialisés de pharmacie destinés
aux patients hospitalisés et externes sont généralement
associés aux pharmacothérapies les plus coûteuses.
Il n’y a probablement là rien d’étonnant
pour la plupart des gestionnaires qui ont eu à affronter
des coûts élevés de thérapies en oncologie,
en soins intensifs, en greffe d’organes, etc.
L’incidence de l’élaboration
d’indicateurs repères selon les programmes en 2001
2002 est la même que pour les résultats des deux
derniers sondages d’analyse comparative. On constate sans
surprise cependant que tant les heures rémunérées
que le coût des médicaments par jour-patient ont
généralement évolué en hausse. Pour
l’indicateur de dotation des heures rémunérées
par jour-patient, on constate une hausse de 5 % à 10 %
avant et après ajustement pour tous les hôpitaux
pour adultes et les hôpitaux disposant de systèmes
traditionnels ou mixtes de distribution de médicaments.
Fait intéressant, il y a eu une légère diminution
des heures rémunérées par jour-patient dans
le cas des établissements où on distribue des médicaments
dans une proportion supérieure à 90 % par des systèmes
de doses unitaires et de distribution centralisée d’additifs
pour solutés. L’examen des données révèle
qu’un certain nombre d’établissements sont
passés dans le présent sondage de la catégorie
« systèmes traditionnels-mixtes » à
la catégorie « systèmes doses unitaires-additifs
pour solutés », alors que l’indicateur de dotation
des heures rémunérées par jour-patient ne
variait que peu. L’auteur est conscient que plusieurs de
ces établissements sont passés aux doses unitaires
grâce aux technologies d’automatisation de distribution,
et notamment à l’aide des armoires de distribution
Pyxis. Il est fort possible que l’adoption de ces techniques
ait une incidence positive sur les besoins de main-d’œuvre
pour l’exploitation de systèmes de distribution de
doses unitaires.
On remarque aussi que les coûts de médicaments
par jour-patient sont plus élevés en 2001 2002 qu’en
1999 2000. Les hausses sont généralement de 20 %
à 30 % et relativement convergentes avant et après
ajustement.
Hôpitaux
pédiatriques
Le tableau H 2 livre des données semblables
sur les quatre hôpitaux pédiatriques. Il y a peu
d’établissements répondants et les résultats
doivent être considérés en conséquence.
Il reste que, comme dans le cas des hôpitaux pour adultes,
l’analyse comparative selon les programmes a atténué
la variabilité entre établissements pour les indicateurs
des coûts tant d’effectifs que de médicaments.
Comme l’ont démontré les deux sondages antérieurs
d’analyse comparative, il est sûr qu’il faut
beaucoup plus de ressources pour la prestation de services en
pharmacie pédiatrique qu’en pharmacie pour adultes.
Dans les hôpitaux utilisant tant des systèmes de
distribution de doses unitaires-additifs pour solutés que
des systèmes traditionnels-mixtes, il y avait environ deux
fois plus d’heures rémunérées par jour-patient
que dans les hôpitaux pour adultes. Par rapport au sondage
1999 2000, le présent sondage indique une augmentation
approximative de 10 % du nombre d’heures rémunérées
par jour-patient en pharmacie.
Les établissements pédiatriques
ont dû supporter des coûts de médicaments de
30 % plus élevés en 2001 2002 qu’en 1999 2000.
Il convient de noter qu’un des trois établissements
pédiatriques utilisant un système doses unitaires-additifs
pour solutés était d’un fonctionnement partiellement
autonome dans un gros département de pharmacie d’organisme
de santé à emplacements multiples (OSEM). À
ce titre, il recevait le gros de ses services de base (fonctions
générales de gestion, d’approvisionnement,
de contrôle de stocks, etc.) du département central.
Nous avons rattaché les ressources humaines des services
en question à cet établissement aux fins de l’analyse,
mais nous ne savons au juste comment se présenterait la
comparaison avec les mêmes services assurés dans
un établissement pédiatrique entièrement
autonome. Nous ignorons si ce facteur a joué dans le nombre
moindre après ajustement d’heures rémunérées
par jour-patient (1,06) pour cet établissement par rapport
aux deux autres du groupe (2,24 et 2,5).
Programmes
spécialisés des hôpitaux pour adultes
Au tableau H3, nous livrons des données
sur les coûts d’effectifs et de médicaments
de divers programmes spécialisés en hospitalisation
et en consultation externe. Les programmes que décrit ce
tableau sont ceux sur lesquels un nombre suffisant d’hôpitaux
ont fourni des données pour que la description par programme
soit significative. Outre les moyennes et les médianes,
le tableau H 3 cite les éléments bruts d’information
de tous les hôpitaux déclarants de sorte que le lecteur
ait une meilleure idée de la non-dispersion des données.
Ce sont essentiellement les indications que donnent les écarts-types,
mais elles seront peut-être plus éclairantes pour
un certain nombre de lecteurs.
Dans certains cas, les données brutes sont
très groupées, et il y a très peu de valeurs
aberrantes, ce qui semble indiquer une uniformité considérable
des valeurs entre hôpitaux dans le cas des programmes décrits.
Les valeurs extrêmes pourraient tenir à des erreurs
ou à des incohérences des déclarations de
quelques hôpitaux. Comme exemples de cette non-dispersion
relative, mentionnons les valeurs de coût de médicaments
par jour-patient pour les soins de longue durée et les
services de santé mentale, ainsi que les valeurs de coût
d’effectifs pour ces derniers services et les services de
médicaments en expérimentation.
Dans le cas des autres programmes, les données
brutes sont dispersées sur des intervalles plutôt
étendus avec un grand resserrement autour de la moyenne.
Les amples variations du nombre d’heures rémunérées
par jour-patient pour des programmes comme ceux des soins intensifs
pourraient être l’indice de différences marquées
de modes de prestation de ces services pharmaceutiques entre les
hôpitaux. Ainsi, un certain nombre d’établissements
exploitent, dans le cadre des soins intensifs, des services pharmaceutiques
satellites pour lesquels l’indicateur de dotation des heures
rémunérées par jour-patient est très
élevé. En revanche, d’autres établissements
se contentent d’un minimum de services pharmaceutiques en
soins intensifs. La variabilité constatée des services
de pharmacie dans le cadre de ces programmes pourrait montrer
à la profession et aux responsables des programmes cliniques
en question la nécessité d’arrêter des
normes de prestation de services pharmaceutiques à ces
groupes de patients.
Pour certains de ces programmes spécialisés,
la haute variabilité du coût des médicaments
par jour-patient pourrait aussi être révélatrice
de différences de moyens pharmacothérapeutiques
entre les établissements, d’où la nécessité
là encore d’établir des normes de soins. Toutefois,
il est également possible que ces amples variations s’expliquent
par des différences de perception des coûts des médicaments
à prendre en compte dans les divers programmes. Ainsi,
certains hôpitaux commencent les soins de thrombolyse en
salle d’urgence et en rattachent les coûts à
ce secteur. D’autres les imputent aux soins intensifs.
Les valeurs d’heures rémunérées
pour les études gérées en parallèle
sur des médicaments en expérimentation sont des
plus convergentes entre les établissements. La moyenne
approximative de 50 heures par étude semble indiquer que
le coût en ressources humaines de cette gestion est appréciable.
Comme le nombre moyen d’études parallèles
dépasse la centaine, l’hôpital moyen qui assure
un tel service se trouverait à affecter environ 2,5 ETP
à la gestion des études de médicaments en
expérimentation.
Dans le cas des services de préparation
de mélanges de solutions en oncologie, l’intervalle
de variation des heures rémunérées par mélange
est plutôt étendu, mais les valeurs sont relativement
groupées autour de la moyenne de 0,51. Ce chiffre serait
donc une valeur de référence acceptable en planification
de programmes.
On notera avec intérêt que le nombre
d’établissements qui ont indiqué des ressources
humaines affectées directement aux services de dialyse
a monté de 6 à 14. Il n’y avait pas de dénominateur
pouvant permettre de calculer un indicateur de dotation comme
celui des heures rémunérées par patient en
dialyse, mais le nombre d’ETP affectés au programme
de dialyse variait de 0,2 à 5. On n’y trouvait pour
ainsi dire pas de pharmaciens, indice que les services offerts
revêtaient avant tout un caractère clinique.
Conclusion
Les données selon les programmes du sondage
« données de référence » de 2001
2002 viennent valider la méthodologie appliquée
dans les deux sondages antérieurs. Les résultats
démontrent que les coûts tant d’effectifs que
de médicaments ont augmenté en deux ans. Dans cette
analyse par programme, on peut voir que la facture des médicaments
s’alourdit dans un grand nombre de programmes. La dotation
des services de pharmacie pédiatrique est presque le double
de celle des services destinés aux adultes. Des résultats
du sondage, nous avons tiré divers indicateurs tant d’effectifs
de pharmacie que de médicaments selon les programmes. Certains
sont des plus sûrs comme points de repère et d’autres
appellent une interprétation plus prudente. La variabilité
des ressources humaines en pharmacie dans certains programmes
spécialisés nous indique qu’il faut arrêter
des normes pour ces services. Si le présent sondage devait
régulièrement être repris, il serait souhaitable
de mieux définir les données à recueillir
et à présenter pour chaque grand programme. On peut
prévoir que les données ainsi obtenues seraient
plus sûres et que les indicateurs repères gagneraient
en qualité.