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Défis
du leadership en pharmacie
Philip J. Schneider
Philip J. Schneider est professeur en science clinique et directeur
du Latiolais Leadership Program à l'Université d'État
de l'Ohio. Il s'agit d'un programme interprofessionnel d'optimisation
de la médication et d'atténuation des effets fâcheux
des médicaments. Animateur du séminaire, Philip a
donné un aperçu des défis du leadership en
pharmacie.
Questions d'effectifs
À en croire des enquêtes menées au Canada et
aux États-Unis, il y a pénurie de pharmaciens du double
point de vue des postes disponibles et de l'importance numérique
de cet effectif. Ce sont des questions qui se posent dans le monde
entier et dans une grande diversité de professions (soins
infirmiers, médecine, etc.). En pharmacie hospitalière,
nous devons nous rendre plus capables de soutenir la concurrence
sur le marché et regarder de près ce qu'il y a lieu
de faire. Ce qui amène avant tout un pharmacien à
accepter un poste, c'est un grand intérêt pour ce que
son futur service de pharmacie entend accomplir et une volonté
de réaliser cette vision. Il y a certes des aspects plus
terre-à-terre à ce travail, mais celui?ci offre beaucoup
d'intérêt dans l'ensemble et va quelque part.
Il est essentiel de « vendre » nos services de pharmacie
et notre vision pour tout succès futur. Lorsque nous sommes
à court de personnel, nous avons tendance à passer
moins de temps avec les étudiants, mais c'est peut-être
là pécher par myopie. Nous devons aussi restructurer
notre travail par l'automatisation et faire plus appel aux techniciens.
Il nous faut insister sur le recyclage et le maintien en poste par
des programmes d'éducation et de formation. Il nous faut
améliorer les évaluations de rendement et accroître
la satisfaction du personnel en menant des sondages auprès
des employés et en y donnant suite. Il nous faut enfin remercier
le plus possible nos gens de la bonne besogne qu'ils abattent.
Défis du leadership
Voici des défis du leadership en pharmacie :
recours accru aux techniciens;
recours accru à la technologie et à l'automatisation;
entrée des ordonnances par les médecins;
préparation de la relève en gestion;
stratégies de réduction des erreurs de médication;
intégration des soins.
Voici les prémisses : les pharmaciens sont relativement peu
nombreux et coûtent cher; il se pose des problèmes
d'efficacité et d'utilisation optimale de la médication,
d'innocuité des médicaments (et autres sujets d'inquiétude
du public en la matière) et d'insuffisance des ressources,
en particulier pour les nouvelles thérapies. Pour la plupart,
les organismes de financement considèrent que les services
de santé font de grandes ponctions sur leurs ressources,
et le prix des médicaments tient une grande place tant dans
ce coût en ressources que dans la solution possible du problème
de la « déshospitalisation des soins ». Disons
enfin que nous ne pouvons tout faire et que, pour réaliser
nos objectifs, il nous faudra renoncer à certaines choses.
Nous devons mieux tendre l'oreille pour saisir ce que le marché
nous dit. Ainsi, les hôpitaux ne sont plus l'employeur privilégié,
aussi devons-nous voir comment faire de notre hôpital un excellent
milieu de travail. La population se souciant de sécurité,
nous devons assurer des services dans lesquels elle pourra avoir
confiance. Nous devons comprendre ce que les gens veulent et où
ils désirent recevoir nos services. Aujourd'hui, l'art du
leadership est maîtrisé par ceux qui savent écouter
et ensuite intervenir. Il s'agit donc pour nous de mettre en balance
ce que nous voulons faire et ce dont les autres nous disent avoir
besoin.
Aux États-Unis, les questions de qualité relèvent
avant tout de l'Institute of Medicine (IOM). Dans son premier rapport
« To Err is Human », cet organisme s'est penché
sur tout ce qui est accidents et sécurité. Dans un
second rapport « Crossing the Quality Chasm », il a
jeté un regard plus vaste sur les services de santé
et examiné les questions de refonte de ces services aux États-Unis.
S'il l'a produit, c'est qu'il se rendait largement compte de sérieuses
lacunes sur le plan de la qualité des soins. On peut en effet
observer que bien des gens ne sont pas assurés, que les systèmes
de prestation de services de santé sont hautement morcelés,
que l'infrastructure d'indications cliniques laisse à désirer
et nuit à la communication, qu'il y a surutilisation d'une
foule de services (examens de laboratoire, etc.) et que les soins
sont en plein « mouvement brownien » .
Ce rapport de l'IOM recommande six objectifs pour les services de
santé au XXIe siècle (l'ordre de leur énumération
est important) :
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sécurité
- il faut d'abord et avant tout prévenir les accidents; |
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efficacité
- il faut que la démarche des soins soit fondée
sur les faits cliniques et que les interventions soient judicieuses; |
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soins
centrés sur le patient - il faut tenir compte des préférences,
des besoins et des valeurs du patient; |
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prestation
des services en temps utile - il faut réduire les attentes
et les retards; |
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efficience
- il faut éviter le gaspillage (certaines statistiques
parlent de gaspillage pour la moitié des soins donnés); |
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équité
- il faut que la qualité des services de santé
ne varie pas selon les lieux et les populations de patients.
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Le rapport propose
en outre dix règles de refonte du système de santé.
Les soins doivent reposer sur une relation curative permanente où
l'accent se met sur la prévention et la prévoyance.
Les soins doivent être adaptés aux besoins et aux valeurs
des patients. Ceux-ci doivent être associés à
leurs propres soins et en être la source de gestion. Il faut
une mise en commun des connaissances et une libre circulation de
l'information parmi les soignants. Ainsi, l'accès aux valeurs
de laboratoire et à des données sur les allergies
au moment de la prise d'ordonnances est de nature à réduire
les effets fâcheux de médication. La sécurité
et les décisions par les faits cliniques devraient être
pleinement intégrées comme principes aux systèmes.
Il nous faut penser aux hôpitaux comme nous pensons aux sociétés
aériennes et nous doter de systèmes qui essaient de
prévenir même l'improbable. Il faut de la transparence
dans l'examen des événements repères et de
l'ouverture dans l'étude des causes et des mesures à
prendre. Il nous faut prévoir les besoins. Le gaspillage
doit constamment diminuer dans les systèmes et, enfin, une
collaboration doit s'instaurer entre les cliniciens.
Comme défis dans la réalisation de cette vision, il
y a notamment l'engagement que peuvent prendre les établissements
de restructurer les soins par l'adoption de pratiques optimales.
Nous devons utiliser davantage les technologies de l'information
(TI). La plupart des hôpitaux ont investi de 1 % à
2 % de leur budget d'exploitation en TI, alors que la plupart des
industries qui font appel à l'information y mettaient 10
% de leurs ressources budgétaires, et ce, des années
durant. Avec les contraintes financières actuelles, la chose
est difficile. Il faut enfin une gestion des connaissances et des
compétences, une création d'équipes interdisciplinaires
efficaces, une coordination des soins dans le temps et l'espace
et des mesures efficaces de rendement et de résultats. <br>
Le « Medical Expenditures Panel » a indiqué quelles
étaient les affections prioritaires. Nous, pharmaciens, devons
étudier cette liste et voir où nous pouvons jouer
un rôle, qu'il s'agisse du cancer, du diabète, de l'anticoagulation,
de l'économie lipidique, de l'hypertension ou de l'asthme.
Voici les éléments retenus par ordre de priorité
:
cancer;
diabète;
emphysème;
hypercholestérolémie;
VIH et SIDA;
hypertension;
ischémie;
ictus;
arthrite;
asthme;
affections de la vésicule biliaire;
ulcères d'estomac;
maladies du dos;
maladie d'Alzheimer;
dépression;
troubles de l'anxiété.
Pour préparer la main-d'uvre aux soins de demain, nous
devons réorganiser la formation clinique des professionnels
de la santé et jauger les conséquences sur le plan
des programmes d'agrément et d'études. Il est primordial
par ailleurs que les pharmaciens puissent être remboursés
des services cognitifs qu'ils rendent.
Modèle d'amélioration
Voici un modèle élaboré par Langley, Nolan
et Nolan en vue d'une amélioration de la prestation des services
de santé. Il y a trois aspects à ce modèle
:
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But
- Qu'essayons-nous d'accomplir? Quel est le besoin à
combler? Il faut avoir la preuve qu'un problème se pose
bel et bien (administration aux patients, par exemple, d'agents
auxquels on sait qu'ils sont allergiques). |
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Connaissance
à jour - Comment saurons-nous qu'un changement apporté
améliore les choses? Quel système de mesure spécifique
emploierons-nous? |
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Cycle
d'apprentissage et d'amélioration - Que pouvons-nous
apporter comme changements qui amélioreront les choses?
Dans toute amélioration, il y a changement, mais ce ne
sont pas tous les changements qui mènent à des
améliorations. Il faut d'abord dresser un plan «au
jugé» et procéder à un essai à
petite échelle pour en vérifier le bien-fondé.
Il faut recueillir des données dans le temps pour enfin
entreprendre de propager le changement ou encore essayer autre
chose. Il serait irréaliste de s'attendre à des
améliorations si on se contente du statu quo. |
Le processus
d'utilisation des médicaments est complexe et difficile à
transformer. Il comporte un grand nombre d'étapes : établissement
d'une ordonnance, exécution de cette ordonnance, administration
du médicament et contrôle médicamenteux. Comme
pharmaciens, nous nous sommes rarement attardés sur les stades
de l'établissement et du contrôle, notre principal
souci ayant toujours été ceux de l'exécution
et de l'administration. Il nous faut considérer tous les
aspects de la question au moment de nous fixer des objectifs.
En pharmacie clinique à l'Université d'État
de l'Ohio, nous avons songé à huit objectifs lorsque
nous avons voulu expliquer pourquoi nous étions là.
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Les
patients devraient comprendre les avantages et les risques avant
de se voir administrer un médicament expérimental.
C'était là une priorité pour notre organisme,
car la moitié seulement des patients avaient signé
une formule de consentement éclairé. Après
la mise en place du service de pharmacie, cette règle
a intégralement été respectée. |
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Les
patients ne devraient pas avoir à subir d'effets fâcheux
de médication que l'on peut prévoir et prévenir
(syndrome érythémateux de la vancomycine, par
exemple). |
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Les patients devraient recevoir le bon médicament et
la bonne dose selon l'ordonnance. |
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Les patients ne devraient pas subir d'infections nosocomiales
à cause de médicaments non stériles. |
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Les
patients ne devraient pas recevoir de médicaments auxquels
on les sait allergiques. |
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Les patients externes devraient recevoir leurs ordonnances rapidement,
dans un délai de 20 minutes par exemple. |
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Les
patients devraient avoir droit au besoin à des doses
individualisées de médication. |
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Les
patients devraient recevoir la médication la plus efficace
au moindre coût. |
Pour
chacun de ces objectifs, il y a des mesures de rendement avec des
vérifications par critères (vérification de
50 fiches de patients pour les effets fâcheux de médication).
L'application d'un tel modèle d'amélioration ne va
pas sans difficultés ni obstacles comme les pressions de
limitation des coûts, la pénurie de pharmaciens et
le peu d'appréciation que peut avoir la population de la
profession de pharmacien. Il se peut aussi que les pharmaciens réagissent
plus qu'ils n'agissent stratégiquement, qu'ils n'aient pas
les compétences voulues pour gérer le changement,
qu'ils n'entendent que ce qu'ils veulent bien entendre et ne soient
pas réceptifs à ce qu'on dit qu'ils devraient faire.
Il existe aussi des possibilités, puisque les pharmaciens
peuvent jouer un rôle et aider à apaiser les inquiétudes
de la population au sujet du coût, de l'accessibilité
et de la qualité des services de santé.
En décembre 2000, il y a eu une étude des Ressources
humaines sur l'offre et la demande de pharmaciens. On y a constaté
que l'offre augmentait, mais la demande plus encore. On relevait
des pénuries de pharmaciens avec des taux de vacance de 6
% à 7 % dans les chaînes de pharmacies et de 22 % dans
le réseau hospitalier. Pour combler un poste vacant, il fallait
compter six mois en moyenne.
La croissance de la demande de pharmaciens tient à plusieurs
facteurs. Plus de médicaments d'ordonnance sont utilisés
dans le monde. Il y a aussi plus de lieux de pratique par suite
de la multiplication des pharmacies à succursales et de l'allongement
des périodes d'ouverture (pharmacies ouvertes 24 heures sur
24 et 365 jours sur 365). Le traitement des ordonnances «administrées»
régimes d'assurance) est plus long, car on doit respecter
des critères et obtenir des autorisations. On observe un
élargissement des rôles dans la pratique de la pharmacie,
mais l'emploi à temps partiel se répand au même
moment. Enfin, pendant la transition vers un régime de doctorat
en pharmacie pour l'admission à la pratique, il y a eu des
facultés qui pendant quelques années n'ont pas eu
de diplômés.
Comme remède aux pénuries de pharmaciens, il y a un
recours accru aux techniciens, à l'automatisation et à
la technologie, ce qui réduira certaines des ponctions qui
s'exercent sur le temps des pharmaciens. Il est aussi possible d'augmenter
les inscriptions aux collèges de pharmacie. Avec des régimes
uniformes d'assurance-médicaments, on se trouverait à
simplifier le règlement des demandes et donc à alléger
la charge de travail. On rendrait la main-d'uvre plus mobile
avec une plus grande réciprocité de l'autorisation
d'exercer entre les secteurs de compétence, y compris dans
le recrutement de diplômés de l'étranger. On
peut trouver d'autres stratégies dans l'AJHP 2001 (58:548)
et notamment une stratégie de majoration salariale (surtout
par comparaison avec la pratique extrahospitalière) pour
combattre directement les pénuries de pharmaciens hospitaliers.
Dans certains grands établissements, on retient les services
de recruteurs qui peuvent mieux convaincre les demandeurs d'emploi.
Nous devons également nous donner la capacité d'améliorer
les compétences du personnel, ainsi que l'initiation et la
formation des nouveaux venus. Nous devons nouer des liens avec les
écoles de pharmacie et prévoir des programmes de mentorat
et de formation qui débuteront dès les premières
années d'études. Cela pourrait comprendre la prise
en charge d'une partie des coûts des études en pharmacie.
Il y a d'autres solutions comme une amélioration du milieu
de travail et l'accroissement du temps passé avec les patients.
On pourrait avoir à donner une nouvelle formation aux pharmaciens
et à restructurer les postes pour que la pratique devienne
«cognitive» en pharmacie. Si on assigne à des
techniciens des tâches techniques comme celles des achats,
de la gestion des stocks, de l'«ordonnancement» et de
l'informatisation et qu'on met en sous-traitance des préparations
médicamenteuses comme la préparation d'additifs pour
solutés, on dégagera des heures des pharmaciens pour
d'autres tâches. Une des difficultés avec tout élargissement
du rôle des techniciens est que ceux-ci n'ont pas tous la
même formation ni la même pratique. Il existe d'autres
modèles de pratiques auxiliaires (art dentaire, anesthésie,
travail de laboratoire, etc.) où un contrôle s'exerce
sur la profession de technicien et où le rapport techniciens-professionnels
est bien plus élevé. Il faut des programmes de formation
qui enseignent aux pharmaciens à déléguer des
tâches aux techniciens et à en assurer la surveillance
(exploitation de laboratoires pharmaceutiques d'ordonnances conjointement
avec des techniciens, etc.). Idéalement, on devrait trouver
ces éléments dès les premières années
du programme d'études.
La technologie et le pharmacien
La technologie peut s'appliquer à la préparation et
à la distribution (centralisée ou non) de médicaments,
à la production et à la distribution d'additifs pour
solutés, à la saisie informatique des ordonnances
et au codage à barres des RAM. Comme entraves à cette
application, on peut notamment mentionner les coûts, l'incompatibilité
des systèmes, les limitations de la réglementation
et la résistance que peuvent opposer les pharmaciens et le
personnel infirmier et médical à l'implantation de
moyens technologiques. On peut automatiser la préparation
de médicaments par des mélangeurs d'APT et des préremplisseurs
de seringues, des systèmes robotisés de préparation
d'additifs pour solutés et un recours à la sous-traitance
spécialisée. Comme moyens technologiques en distribution
de médicaments, on dispose entre autres de robots centralisés
comme l'APM ou l'IDS (marques déposées) qui sont utilisés
dans différents secteurs de soins aux patients. On peut enfin
recourir à des moyens technologiques d'exécution d'intraveineuses
comme les pompes à seringue, les pompes autoanalgésiques,
les appareils implantables et les régulateurs d'infusion.
Des groupes comme Leapfrog s'intéressent de plus en plus
à tout ce qui est saisie informatique des ordonnances par
les médecins. Les modèles en question sont fondés
sur des études réalisées dans deux hôpitaux
où on applique une logique d'aide à la décision
aux opérations d'entrée de médicaments. D'après
les résultats de ces études, il y a moins d'erreurs
de transcription et l'information est mieux reportée. On
songe notamment en première étape à l'établissement
de protocoles types de prise d'ordonnances qui faciliteront l'automatisation.
Pour tirer tout le parti voulu de ces systèmes, on aura besoin
d'une logique plus complexe d'aide à la décision clinique
qui donnera une rétroaction aux médecins.
Le codage à barres pour les soins de chevet se fait attendre
depuis longtemps, mais il est de nature à accroître
la précision de la documentation. On peut aussi songer à
des aides à la décision clinique comme les avertissements
de faux patient, de faux moment et d'allergie-interaction médicamenteuse.
Cette technologie permettra également d'évaluer le
rendement des systèmes d'administration de médicaments.
Il reste à évaluer les normes de codage à barres
et leur application à la posologie individuelle.
Au nombre des moyens technologiques en consultation externe, on
compte les automates de délivrance et de renouvellement téléphonique
d'ordonnances, les systèmes de tests au point de prestation
pour le contrôle médicamenteux, les systèmes
d'information clinique qui renseignent davantage les pharmaciens
et les systèmes d'ordonnances électroniques.
Bref, on recourt davantage à la technologie et à l'automatisation
et celles-ci donnent la possibilité d'adopter une pratique
avancée.
Préparation de la relève en gestion
Il y a moins de postes de cadres intermédiaires où
le personnel puisse apprendre à gérer. La gestion
ne séduit plus autant les pharmaciens, parce qu'elle n'est
plus le plaisir qu'elle était. Les gestionnaires ont aussi
besoin de compétences nouvelles que n'inculquent pas les
écoles de pharmacie, qu'il s'agisse de gestion du changement,
d'amélioration opérationnelle, de direction du personnel
ou de communications. La plupart d'entre eux ont suivi un programme
en résidence où ils ont été suivis par
un mentor.
Sécurité des patients
Dans son rapport «To Err is Human» , l'IOM a recommandé
des stratégies bien précises d'amélioration
du système d'utilisation de médicaments :
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orientation
«systèmes»" dans la réduction
des erreurs de médication; |
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normalisation
des opérations dans les secteurs de soins aux patients
(doses avec l'«ordonnancement» et les échelles
posologiques), car si on uniformise davantage, on diminuera
les erreurs; |
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normalisation
des règles d'établissement et de formulation des
ordonnances; |
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limitation
des types d'appareillage courant; |
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entrée
des ordonnances par les médecins; |
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utilisation
de logiciels pharmaceutiques; |
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implantation
de systèmes de distribution de doses unitaires; |
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fourniture en pharmacie de préparations intraveineuses
dangereuses comme les antibiotiques; |
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établissement
de procédures écrites pour la médication
à haut risque dans les services SU, SO, UNSI, UPSI, etc.
(inhibiteurs ou bloquants neuromusculaires, par exemple); |
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absence
de concentrés médicamenteux dans les secteurs
de soins aux patients (chlorure de potassium, par exemple); |
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aide
à la décision pharmaceutique avec un examen des
ordonnances par les pharmaciens avant exécution et administration; |
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rondes
des pharmaciens dans les secteurs de soins aux patients; |
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information
des soins disponible au point de prestation; |
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meilleure
connaissance des patients et du traitement qu'ils subissent
pour qu'un contrôle supplémentaire s'exerce sur
le système. |
Les pharmaciens
peuvent répondre aux recommandations du rapport de l'IOM
:
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en
mettant en place une structure administrative d'amélioration
du système d'utilisation de médicaments où
seront réunis les pharmaciens, les infirmiers, les auteurs
d'ordonnances et les agents de gestion de risques en un groupe
interdisciplinaire sous la direction générale
du comité de pharmacie et de thérapie en vue de
l'étude des questions qui se posent; |
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en
aidant à créer un milieu propice à l'amélioration
où on n'ait pas peur des sanctions et où les soignants
puissent discuter des changements propres à accroître
la sécurité des patients (il faut aussi séparer
la déclaration des effets fâcheux de médication
du système d'évaluation de rendement); |
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en
adoptant des pratiques optimales selon les recommandations d'un
grand nombre de rapports (cela peut comprendre une déclaration
volontaire des effets fâcheux de médication et
des confusions de patients, la mise en place de systèmes
informatisés d'entrée des ordonnances par leurs
auteurs, l'implantation de systèmes de distribution de
doses unitaires et l'interdiction de stocker les concentrés
médicamenteux dans les secteurs de soins aux patients); |
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en
établissant des mesures de rendement du système
d'utilisation de médicaments à l'aide de mesures
substitutives comme les valeurs de laboratoire et l'utilisation
d'antidotes et autres agents dans le traitement des effets fâcheux
de médication, ainsi que de mesures directes comme les
interventions de pharmaciens et les évaluations d'utilisation
de médicaments; |
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en
expérimentant des changements qui peuvent améliorer
l'utilisation des médicaments : normalisation ou établissement
de protocoles uniformes de traitement de l'hyper/hypokaliémie,
réalisation de programmes de formation et adoption de
modèles de pratique en collaboration (service auxiliaire
d'anticoagulants, par exemple). |
Intégration
des soins
À l'heure actuelle, le système est très morcelé,
et il y a peu d'incitation à l'intégration des soins.
Il faudra bien du temps pour résoudre les problèmes
qui se posent. Il y a aussi des questions de confidentialité,
de liberté de choix et de pratiques restrictives. Avec l'évolution
de moyens technologiques comme Internet et les cartes à puce,
des progrès sont possibles.
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